Nos systèmes de production, de distribution et de consommation d’énergie évoluent rapidement, ce qui a des effets sur les écosystèmes, lesquels sont à leur tour à l’origine de nombreuses sources d’énergie. Si le changement climatique est l’effet indirect le plus important de la production et de la consommation d’énergie sur la biodiversité, les effets directs causent toujours beaucoup de dégâts. La construction d’oléoducs, l’industrie charbonnière et l’extraction de bois de chauffage dégradent les habitats. Pas d’accalmie en vue. L’édition 2009 du World Energy Outlook (Perspectives mondiales de l’énergie) indique que la demande mondiale d’énergie pourrait s’accroître de plus de 50% entre 2004 et 2030 et que les combustibles fossiles resteront probablement les sources d’énergie prédominantes jusqu’en 2030. Cependant, l’existence de réserves importantes de charbon et de pétrole ne doit pas être en elle-même un motif pour retarder la transition vers des alternatives plus propres.

 

Faits et chiffres
  • Une personne vivant dans un pays à revenu faible consomme moins d’un dixième de l’énergie consommée par une personne vivant dans un pays à revenu élevé.
  • En 2006, les Etats-Unis d’Amérique, qui ne comptent que 5% de la population mondiale, ont utilisé 20% de l’énergie consommée dans le monde.
  • Dans les pays en développement, les femmes et les enfants passent en moyenne 2,5 heures par jour à ramasser du bois de chauffage.
  • La production hydroélectrique a diminué de 8,4% en Inde, en 2008-2009, à cause de l’insuffisance des pluies.
  • En 2006, la France, l’Espagne et l’Allemagne ont dû arrêter le fonctionnement de certaines centrales nucléaires en raison de la vague de chaleur et du manque d’eau de refroidissement.
  • La biomasse fournit 84% de l’ensemble de l’énergie consommée au Burkina Faso.
  • À la maison, l’éclairage représente 25% de l’énergie utilisée. Si, aux Etats-Unis, tout le monde employait des éclairages à haut rendement énergétique, 90 centrales électriques de taille moyenne pourraient être fermées. La Commission européenne, à la suite de l’Australie, a opté pour l’élimination progressive des ampoules classiques à incandescence d’ici 2020.
  • Les sources renouvelables d’énergie se reconstituant naturellement, elles sont pratiquement inépuisables si elles sont exploitées de façon durable. Les sources renouvelables représentaient 13% de la demande d’énergie en 2006. Selon les prévisions, elles ne devraient représenter que 14% en 2030, mais leur potentiel est bien plus élevé.
  • Les grandes centrales électriques modernes au gaz transforment en énergie 60% du combustible ; le reste se perd sous forme de chaleur. Sur ce 60%, entre 5 et 10% de l’électricité se perd dans la transmission entre la centrale et l’usager. De petites centrales mixtes électricité-chauffage sont actuellement mises au point pour nos habitations et nos lieux de travail.

 

En attendant, près de la moitié de la population mondiale dépend de combustibles traditionnels tels que le bois, le charbon de bois et le fumier pour ses besoins en énergie, notamment pour la cuisine et le chauffage. Outre le préjudice pour la santé, les femmes et les enfants, en particulier, passent beaucoup de temps à ramasser des combustibles, au lieu d’aller à l’école ou de gagner de l’argent dans des activités rémunérées.

 

Voir la section l’UICN et le bien-être humain pour plus d’informations.

 

Nous disposons des ressources et des technologies nous permettant de répondre aux enjeux énergétiques. Les biocarburants, l’énergie éolienne, solaire, marémotrice, géothermique, peuvent tous faire partie de la palette énergétique de demain. Cependant, les effets des sources actuelles et futures d’énergie sur la biodiversité doivent être mieux connus et traités ; il faut aussi promouvoir la conservation de l’énergie pour répondre aux besoins d’énergie durable. De nouvelles technologies, comme le piégeage et le stockage du carbone, peuvent jouer un rôle important pour réduire les émissions de gaz à effet de serre issues des combustibles fossiles dans un avenir prévisible. On explore aussi leur potentiel de réduction des émissions découlant du secteur énergétique. Les risques potentiels de ces technologies pour la biodiversité doivent toutefois être définis et gérés.

 

Le langage de l’énergie
L’énergie est un élément essential de nos vies, mais elle signifie des choses différentes pour chacun. Dans les pays développés, l’énergie peut vouloir dire l’essence pour les voitures, l’électricité pour l’éclairage et les ordinateurs, le gaz pour la cuisine. Dans les pays en développement, énergie peut être synonyme de survie : pouvoir faire bouillir l’eau pour ne pas tomber gravement malade. En outre, quand ils ont accès à des sources modernes d’énergie, les pauvres paient pour elle des prix démesurément élevés.

Les services énergétiques sont les avantages apportés par l’énergie : éclairage, cuisine, réfrigération, télécommunications, soins de santé, éducation, transports, accès à l’eau, énergie pour faire fonctionner des machines. Les vecteurs énergétiques, dont les combustibles et l’électricité, peuvent être issus de sources d’énergie renouvelables ou classiques. En tant que consommateurs, nous sommes plus intéressés par la disponibilité et le caractère économiquement abordable de ces services que par la source de l’énergie. Cependant, les consommateurs des pays développés sont de plus en plus demandeurs d’ « énergie verte »