Mosaïques Méditerranéennes

Renforcer la résilience des paysages méditerranéens face aux changements climatiques et socio-économiques

Développer le développement rural ainsi que de nouveaux moyens de conservation, en se basant sur l’identité des communautés locales

Appuyer la mise en œuvre d’un nouveau cadre de travail pour les politiques locales, nationales et internationales de développement rural, au-delà de la simple logique de subventions.

Les scientifiques et chercheurs actuels pensent que si elles dépassent les seuils critiques, les modifications mises en relation dans les systèmes écologiques, socio-économiques et culturels pourraient très vite entrainer des effets en cascade accompagnés de changements irréversibles. Ces derniers pourraient conduire à des conditions socio-écologiques non souhaitées, à l’appauvrissement du capital naturel et social, et à la perte des capacités des paysages à maintenir leurs populations humaines et les biens et services attachés.

L’adaptation au changement climatique implique l’ajustement des systèmes écologiques, sociaux et économiques afin d’arrêter et inverser les pratiques ou processus négatifs, et améliorer la résilience écologique et sociale du système. Préserver et prendre soin de la diversité à tous les niveaux est la meilleure stratégie pour augmenter la résilience, fournir un large éventail d’opportunités pour faire face à tout changement environnemental, social et économique, et enfin garantir la viabilité et la durabilité des systèmes socio-écologiques méditerranéens.

Bénéficiant d’un niveau de biodiversité élevé, d’une forte identité régionale et de sociétés aux cultures riches, les paysages de Méditerranée tendent à être des systèmes socio-écologiques relativement stables. Il est possible que cette diversité réduise la probabilité de changements violents pouvant conduire à des pertes écologiques et socio-économiques irréversibles. Pour éviter de dépasser les seuils écologiques qui conduisent à des changements non souhaités, il est essentiel d’éviter de dépasser les seuils socioculturels. Par conséquent, le maintien et la restauration des mosaïques méditerranéennes « intelligentes face aux perturbations » sont les meilleures garanties d’une meilleure résilience face au changement global.

Face aux effets négatifs des changements climatiques et socio-économiques, le maintien de systèmes socio-écologiques viables et l’amélioration de la résilience des paysages dégradés nécessitent une gestion dynamique et adaptée, ainsi qu’une gouvernance de la résilience. Selon la majorité des experts, les critères principaux pour la conservation et la restauration des paysages méditerranéens sont les suivants :

• Traiter au niveau le plus large possible les impacts et les causes réelles des principales modifications environnementales et culturelles, ainsi que les rapports de cause à effets qui entraînent ces impacts.
• Introduire de nouveaux modes de gestion multifonctionnels des paysages, à travers la combinaison d’approches traditionnelles et nouvelles, et de pratiques adaptées en matière de conservation et de gestion.
• Garantir les conditions - législation, financement, institutions compétentes, participation de tous les acteurs concernés, augmentation des capacités et de la sensibilisation – nécessaires pour soutenir les gestionnaires et les usagers du territoire dans sa progression rapide vers des pratiques de gestion améliorant la résilience.
• Augmenter la capacité d’autosuffisance des économies rurales, et diminuer leur dépendance aux subventions.

Le concept du projet “Mosaïques méditerranéennes ” est né d’un débat entre l’UICN-Med et des organisations éprouvées d’Espagne, de l’Italie et du Portugal. L’objectif est d’établir une alliance stratégique destinée à être le moteur d’un travail novateur dans le domaine de la conservation de la nature et du développement rural, au niveau des paysages.

Afin de resserrer les liens de coopération Nord-Sud dans la région et partager les connaissances entre les pôles d’excellence mentionnés et les paysages ruraux les moins avancés, le projet compte sur la participation d’organisations algériennes et libanaises. Unissant ainsi leurs forces et apprenant les unes des autres, ces organisations souhaitent participer à une nouvelle initiative, qui a pour objet de:

     1. Améliorer et restaurer la résilience écologique, sociale et culturelle des zones rurales et naturelles du sud de l’Europe, dont le patrimoine naturel et culturel est menacé par de sévères changements socio-économiques qui conduisent à des modifications dans l’utilisation du sol, et également par les perturbations entrainées par le changement climatique.
     2. Essayer des approches nouvelles, qui fournissent des solutions viables à la diminution de la diversité biologique et à la crise socio-économique qui secoue les paysages ruraux marginaux de l’Europe méditerranéenne. L’idée est de dépasser les logiques « perverses » des subventions économiques, en se basant sur leurs identités éco-culturelles.
     3. Créer un réseau de sites expérimentaux ou « pilotes » pour mettre en œuvre ce type de solutions, les étendre parmi les spécialistes de la conservation de la nature et du développement rural, et enfin les utiliser afin d’influencer le cadre législatif général et les politiques clefs au niveau local, national et européen.

Un programme, cinq paysages

Un Modèle de résilience des systèmes socio-écologiques
Les localités suivantes feront l’objet d’un travail dans le cadre de cette initiative:
• Espagne – Bassin de la rivière Almonte
• Portugal – Vallée bajo del Guadiana
• Italie – Terra dei Vestini
• Liban – Réserve Shouf de la Biosfera
• Algérie –Steppes El Bayadh

Cèdre National - Réserve de Shouf, Liban

Cèdre National - Réserve de Shouf, Liban

Photo: IUCN WAME