LUTTE ANTI BRACONNAGE: L’UICN soutient le plan d’extrême urgence pour sauver les éléphants d’Afrique Centrale

02 April 2013 | Article

Une réunion d'urgence des ministres de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) chargés des questions de Défense, de Sécurité, des Relations extérieures, de l'Intégration et de la protection de la faune portant sur la mise en œuvre d’un Plan d’Extrême Urgence sur la Lutte Anti-braconnage des éléphants dans la zone septentrionale (Cameroun, RCA et Tchad) de l’Afrique centrale s’est tenue, du 21 au 23 mars 2013 à Yaoundé au Cameroun.

Organisée par la CEEAC, la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC) et le Réseau des aires protégées d'Afrique Centrale (RAPAC), cette réunion avait pour objectifs de :

  • adopter les aspects techniques et financiers du PEXULAB ;
  • adopter un calendrier pour l’opérationnalisation du PEXULAB ;
  • Désigner un Chef d’Etat de la CEEAC, porte-parole de la lutte Anti-braconnage en Afrique centrale et qui sera le Président du comité de suivi de la feuille de route y relative ;
  • Discuter sur la mobilisation des ressources nécessaires additionnelles pour la mise en œuvre du PEXULAB ;
  • Désigner des personnalités de la sous-région et d’ailleurs, Ambassadeurs de la lutte anti-braconnage en Afrique Centrale ; et
  • adopter une feuille de route de lutte anti-braconnage en Afrique centrale après la réunion extraordinaire.

Ont participé  à ces assises, les experts des Ministères en charge des questions de Relations Extérieures, de Défense et Sécurité, de l’Intégration Régionale et de la Protection de la Faune des Etats membres de la CEEAC ci-après : République du Burundi, République du Cameroun, République Centrafricaine, République du Congo, République Démocratique du Congo, République Gabonaise, République de Guinée Equatoriale, et le République du Tchad.

Etaient également présents : les agences du système des Nations-Unies (HCR, UNESCO, FAO, PNUD/GEF, UNOPS ; les agences de coopération (BAD, Union Européenne, AFD, GIZ, USAID, USFS) ; les organisations, programmes et institutions nationales, régionales et internationales suivantes (CEEAC, COMIFAC, RAPAC, OCFSA, TRAFFIC, CEFDHAC, UICN, WWF, SOS Eléphants, WCS, REPAR, ECOFAC V, PACEBCO, ICCN, FTNS, NEPAD, LAGA).

A l’issue des travaux de cette importante rencontre, les Ministres ont adopté :
- le Plan d’Extrême Urgence de Lutte Anti-braconnage (PEXULAB), notamment ses objectifs, ses résultats, sa zone d’intervention, ses activités par axe d’intervention, ainsi que la feuille de route proposée par les experts.
- une Déclaration sur la lutte anti-braconnage en Afrique centrale. Dans cette déclaration, les Etats de la CEEAC entre autres félicitent la Thaïlande pour sa décision du 3 Mars 2013 d’interdire le commerce de l'ivoire illégal, l’incitent à la mettre effectivement en œuvre, et exhortent les autres pays de destination de l’ivoire issu du braconnage à redoubler leurs efforts pour lutter contre le commerce illicite de l’ivoire, et à sensibiliser davantage leurs concitoyens sur les conséquences dudit commerce.

L’UICN qui a assuré le secrétariat technique de cette réunion a procédé à la lecture d’une Déclaration dans laquelle elle s’engage avec ses partenaires TRAFFIC et MIKE à appuyer la CEEAC pour sauver les éléphants d’Afrique.

L'élaboration et la mise en œuvre du PEXULAB est une nécessité impérieuse dans la mesure où, d'après la CEEAC, « les braconniers de plus en plus organisés et équipés en armes de guerre, sont de véritables bandes armées qui sévissent dans la sous-région à la recherche de l'ivoire dont la flambée des prix sur le marché international asiatique et du Moyen- Orient justifie cette criminalité biologique et écologique ». Ils menacent « non seulement la biodiversité, mais aussi la paix, la sécurité, l'intégrité des Etats, l'économie et le bien-être des populations »

Ces braconniers ont tués dans la nuit du 14 au15 mars 2013,  au moins 89 éléphants au sud du Tchad.
Ils  sont aussi responsables de la tuerie d’au moins 30 éléphants en République Centrafricaine, tout comme du massacre de plus d’une centaine éléphants dans le Parc national Camerounais de Bouba N’Djida en début 2012.


Contacts remi.jiagho@iucn.org

 


Une vue aérienne d'écosystèmes d'Afrique centrale et occidentale