INTRODUCTION
Le Programme des aires
protégées du Centre de Coopération pour la
Méditerranée
de l'UICN a engagé un processus de collaboration et d'entente
avec les membres méditerranéens de la Commission Mondiale
des Aires Protégées (CMAP) et divers organismes et
spécialistes des espaces protégés de l'ensemble
du bassin. Tous ces acteurs et les documents qu'ils ont élaborés
ou aidé à préparer sont la référence
et la base du processus conduit depuis ce centre.
La Commission des aires
protégées et ses experts méditerranéens,
la Déclaration de Cilento, le document " Des Parcs pour
la Vie ", la stratégie des aires protégées
du Maghreb et du Moyen-Orient sont présents et disséminés
dans chacun des documents présentés ici.
Nous espérons que
toutes les expériences méditerranéennes, gouvernementales
ou non, internationales, régionales et locales seront reflétées
dans ces pages et que les gestionnaires, les organismes directement
concernés par la gestion des aires protégées
et le secteur privé y trouveront un écho de leur action
et des références.
Le
programme est parti de la réalité méditerranéenne,
basée sur des réseaux dispersés d'aires protégées
et l'idée suivante : " Percevoir les aires protégées
non pas comme une limitation, mais comme une chance pour le développement
local. " Notre propos est par conséquent la conservation
et le développement, dans toutes les catégories des
Aires Protégées de l'UICN, notamment celles qui présentent
un intérêt du point de vue de leur utilisation, comme
les catégories V et VI.
Les objectifs fixés
par le programme sont fondés sur le renouvellement des engagements
pris et sur l'établissement d'alliances. Cela permettra de
conjuguer les efforts, à travers les différentes activités
de gestion et de planification, mais aussi de concevoir des stratégies
à l'intention des responsables politiques et des outils pour
les gestionnaires. Par ailleurs, il ne faut pas oublier la valeur
ajoutée, tangible ou intangible, des investissements dans
les aires protégées, comme l'amélioration de
la qualité de vie des populations, l'augmentation de la diversité
biologique ou la qualité de l'eau et de l'air.
Grâce au travail
fourni par plus de 300 experts, gestionnaires, dirigeants et autres
acteurs de la gestion des aires protégées, nous sommes
en passe d'obtenir un réseau méditerranéen
cohérent et représentatif, adapté au XXIe siècle,
qui pourra s'appuyer sur des modèles d'alliances et des échanges
d'information pour améliorer la gestion et les capacités
des différents intervenants.
Nous
présentons ci-après les programmes de travail, des
informations sur les ateliers et la documentation y afférente,
la liste des participants, les exposés et autres documents
utiles, ainsi que les ateliers de travail organisés avant
la Conférence Méditerranéenne de Murcie.
LES ÉTAPES FUTURES
Le scénario à
moyen terme des aires protégées méditerranéennes
et leur avenir sont conditionnés par leur capacité
d'adaptation aux changements et par la capacité d'interaction
entre les régions des rives nord, sud et est du bassin.
On assistera à
des changements dans les processus naturels et politiques liés
à l'adaptation au changement climatique, à l'introduction
d'espèces invasives
et à des changements dans
les lignes de conduite en matière de conservation et de développement
des aires protégées terrestres et marines impulsés
par les conventions ou rencontres internationales qui s'y rapportent
(Convention de Barcelone, Johannesburg, biodiversité, désertification
).
Le
rapport entre la conservation des espèces et les aires protégées
est lié au binôme conservation espèce-espace.
C'est pourquoi il y a lieu de travailler à l'élaboration
d'une vision des milieux marins et terrestres qui permette d'appliquer
des modèles de gestion écosystémique facilitant
la mise en uvre de programmes de développement durable
reposant sur une base scientifique et bénéficiant
de l'appui social voulu.
La formation à
tous les niveaux et la participation des agents locaux dans une
perspective interdisciplinaire tenant compte de l'idiosyncrasie
méditerranéenne est une variable qui doit être
présente dans toutes les interventions. Un autre aspect à
considérer est la question de l'échelle, car les aspects
de la conservation et de la gestion ne sont pas les mêmes
à l'échelle locale que dans une perspective régionale
méditerranéenne.
La variable de la population
et son impact à différents titres (comme la "
littorisation " à outrance à laquelle est soumise
la frange côtière), de même que l'antagonisme
entre le monde urbain et le monde rural sont des aspects à
prendre en compte dans la gestion des aires protégées.
Il faut également
que les administrations s'impliquent davantage et renforcent leur
collaboration afin de catalyser des expériences méditerranéennes.
Citons à cet égard l'exemple pionnier des aires spécialement
protégées d'importance méditerranéenne
(ASPIM).
Il
convient de travailler à des projets et programmes axés
sur l'approche écosystémique, qui établiront
des liens d'interdépendance entre les aires protégées
et les diverses fonctions de ces espaces, en respectant les valeurs
culturelles, historiques et socioéconomiques des populations
locales. Notre mission doit être promue sous le slogan "
Travailler avec les gens et pour les gens ".
Nous devons en outre associer
le secteur privé à la gestion et à la gouvernance
des aires protégées et prendre en compte l'impact
positif que pourront avoir les changements de tendances dans des
secteurs clés pour la conservation de zones sensibles terrestres
et marines comme le tourisme ou la pêche.
Depuis le Centre de coopération
pour la Méditerranée de l'UICN, nous invitons tous
les acteurs de la gestion des aires protégées à
bâtir sur les acquis de la Conférence méditerranéenne
sur les aires protégées de Murcie et du Congrès
mondial sur les parcs de Durban et à sortir de l'approche
classique de la conservation, par-delà les frontières,
pour relever le défi lancé lors de ces deux événements
et assumer les enjeux de la construction d'une vision méditerranéenne
pour le XXIe siècle.
|