Le mouvement de restauration des paysages approche la barre des 50 millions d’hectares avec les engagements de Costa Rica et du Salvador

06 December 2012 | International news release

Le mouvement mondial qui a pour but de restaurer 150 millions d’hectares de terres dégradées et déboisées d’ici 2020, connu sous le nom de “Défi de Bonn”, prend de l’ampleur aujourd’hui lors de la conférence des Nations Unies sur le climat à Doha: le Costa Rica et le Salvador s’engagent à restaurer jusqu’à un million d’hectares chacun. On se rapproche ainsi de la barre de 50 millions d’hectares (un tiers de l’objectif), ce qui montre que l’initiative est en bonne voie d’avancement.

De nombreux avantages découleraient de la réalisation de l’objectif recherché par le Défi de Bonn, lancé en septembre 2011 à Bonn (Allemagne) par le Partenariat mondial pour la restauration de paysages forestiers, notamment l’amélioration de la protection de la diversité biologique, de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence des populations. Le Costa Rica et le Salvador rejoignent ainsi les États-Unis, le Rwanda et le Pacte de restauration des forêts atlantiques du Brésil, qui ont déjà pris des engagements en ce sens.


« Les États et les peoples recherchent des solutions réalisables aux grandes menaces auxquelles nous sommes confrontés, notamment le changement climatique. Le Défi de Bonn représente une solution axée sur la nature ; c’est pourquoi elle capte l’attention mondiale, » explique Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN, qui coordonne le Partenariat. « Nous avons certes très bien avancé jusqu’à présent, mais il faudra encore beaucoup d’engagements comme ceux du Costa Rica et du Salvador pour atteindre notre cible à l’échelle mondiale. »
Avec des engagements officiels portant sur plus de 20 millions d’hectares, une déclaration d’intention de l’Inde, avant engagement, pour 10 millions d’hectares, et 20 millions d’hectares qui s’annoncent de la part de l’Alliance méso-américaine des peuples et des forêts, le chiffre impressionnant de 50 millions d’hectares est tout proche.

« Restaurer 150 millions d’hectares dans les dix années à venir pourrait alléger l’« écart de réduction des émissions » de 11 à 17% et injecter plus de 80 milliards de dollars par an dans les économies locales et nationales », précise Stewart Maginnis, Directeur mondial des Solutions axées sur la nature à l’UICN.

« Notre engagement de restaurer un million d’hectares – la moitié du territoire du pays – est une réponse sérieuse et désespérée à un changement climatique qui a valu au Salvador, en 2009 et en 2011, la première et la quatrième place respectivement sur l’Indice des risques climatiques mondiaux élaboré par Germanwatch, » dit Herman Rosa Chavez, Ministre de l’environnement et des ressources naturelles du Salvador. « Avec un appui adapté, la restauration de paysages à cette échelle nous permettra aussi de contribuer de façon importante à l’atténuation du changement climatique et à la conservation de la biodiversité, avec une forte amélioration de nos puits de carbone, des services des écosystèmes, des moyens d’existence de la population et de la résilience face aux catastrophes. On peut considérer la restauration des paysages comme une stratégie d’atténuation, mais pour notre pays il s’agit d’un élément vital et urgent qui nous permettra de nous adapter et de réduire les pertes et dommages croissants liés au changement climatique. »


« Je me réjouis beaucoup des engagements pris aujourd’hui, » dit Bianca Jagger, ambassadrice de la campagne “Planter une promesse” et présidente de la Fondation Bianca Jagger pour les droits de l’homme. « Nous espérons que les autres engagements en cours seront formalisés bientôt auprès du Partenariat mondial pour la restauration de paysages forestiers. »

« La destruction de l’environnement est un grave problème lié aux droits humains et le Défi de Bonn est plus que jamais d’actualité. Restaurer des terres déboisées et dégradées ne veut pas dire uniquement planter des arbres. Les populations sont au cœur de la tâche de restauration, qui transforme des étendues stériles ou dégradées en paysages fertiles, sains et en bon état de fonctionnement. »

« Le public devrait continuer à appeler les gouvernements, les entreprises, les propriétaires terriens et les collectivités à œuvrer pour atteindre l’objectif du Défi de Bonn. Nous avons maintenant une occasion sans précédent de revivifier nos paysages dégradés et déboisés. Notre destin et le destin des générations futures en dépendent. »


Il y a quelques mois, lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable « Rio +20 » à Rio de Janeiro, plus d’un million de personnes consultées ont placé le Défi de Bonn à la deuxième place parmi les enjeux les plus importants que les chefs d’État devraient aborder. Pour exploiter cet intérêt du public, Airbus et l’UICN ont lancé la campagne « Planter une promesse » qui permet à chacun, au moyen d’une pétition en ligne, de demander aux gouvernements, aux propriétaires terriens et aux collectivités de s’engager pour le Défi de Bonn. Ce partenariat sans précédent a permis de créer une plate-forme qui a stimulé la participation populaire aux succès récents du Défi de Bonn et qui montre comment travailler ensemble pour mettre en œuvre des solutions pratiques.
« Je vous exhorte toutes et tous à appuyer notre campagne et à signer notre pétition sur www.plantapledge.com."


Notes pour les rédacteurs

QU’EST-CE QUE LE DÉFI DE BONN?

En septembre 2011, des gouvernements, des dirigeants d’entreprise et des experts environnementaux se sont engagés auprès du Partenariat mondial pour la restauration de paysages forestiers en faveur de la restauration de 150 millions d’hectares de paysages détruits ou dégradés d’ici 2020. Cet objectif ambitieux mais réalisable représente un grand pas en avant dans l’acceptation de la restauration des paysages comme un moyen de répondre à d’importants problèmes locaux et mondiaux. Connue sous le nom de « Défi de Bonn », cette démarche est reconnue comme la plus grande initiative de restauration menée jusqu’à présent dans le monde.

Le Défi de Bonn contribuera de façon importante à l’Objectif 15 d’Aichi de la Convention sur la diversité biologique (CDB) (restaurer au moins 15 % des écosystèmes dégradés d’ici 2020), ainsi qu’à l’objectif REDD-Plus de la CCNUCC (réduire, arrêter et inverser la perte des forêts et du carbone forestier).

COMMENT SE PRÉSENTE UN ENGAGEMENT OFFICIEL D’UN GOUVERNEMENT VIS-À-VIS DU DÉFI DE BONN?

L’UICN et les membres du Partenariat mondial pour la restauration des paysages forestiers aident les gouvernements, les propriétaires terriens, les entreprises et les organisations non gouvernementales à définir leurs engagements, notamment la superficie à restaurer, le calendrier (avant et après 2020), les fonctions, le but et le type d’activités à mener.
• Les propriétaires ou gestionnaires des terres à restaurer feront l’objet d’un suivi et devront rendre des comptes au Partenariat à ce sujet.
• Les engagements seront annoncés à l’occasion d’événements du Partenariat dans les 12 mois à venir. Ils seront publiés sur le site internet du Partenariat et feront l’objet d’un lien vers le « comptoir » de la campagne UICN/Airbus « Planter une promesse ».
• La réalisation de l’objectif du Défi de Bonn dépendra de la réussite de centaines de projets de restauration de paysages dans le monde entier.
QU’EST-CE QUE LA RESTAURATION DES PAYSAGES FORESTIERS?

• La restauration des paysages et des forêts transforme des terres stériles ou dégradées en paysages sains, fertiles et en bon état de fonctionnement, capables de répondre aux besoins des populations humaines et de l’environnement naturel, de façon durable.
• La restauration de paysages détruits ou dégradés les remet au service des populations, de la faune, de la flore et des moyens d’existence ; elle accroît la capacité de la planète à traiter les gaz à effet de serre et injecte, selon les estimations, 84 milliards de dollars (nets) dans l’économie mondiale.


QU’EST-CE QUE LA CAMPAGNE « PLANTER UNE PROMESSE » ?

• Conçue par l’UICN et Airbus, « Planter une promesse » est une campagne qui s’adresse au public en vue de créer un très large soutien et d’exhorter les gouvernements, les entreprises et les experts environnementaux à œuvrer ensemble pour restaurer des paysages détruits et dégradés du monde entier et répondre ainsi au Défi de Bonn, la plus grande initiative de restauration menée jusqu’à présent.
• Nous encourageons toutes les personnes à visiter www.plantapledge.com et à exprimer leur appui. Un seul clic suffit pour renforcer la pression sur les gouvernements afin qu’ils tiennent leurs promesses, libérant des millions de personnes de la pauvreté, injectant des milliards de dollars dans l’économie mondiale et faisant de la planète un lieu plus vert et plus durable.
• L’UICN emploiera ces signatures pour faire en sorte que les gouvernements s’engagent par écrit et de façon spécifique, sur des superficies à restaurer, des emplacements, des calendriers et des méthodes de restauration.
L’«écart de réduction des émissions »

L’écart de réduction des émissions est le déficit estimé de mesures d’atténuation du changement climatique nécessaires pour éviter que l’augmentation de la température mondiale ne dépasse 2oC, une fois que l’on a comptabilisé toutes les mesures et les engagements actuels de réduction des gaz à effet de serre.


AU SUJET DES PARTENAIRES

Le Partenariat mondial pour la restauration des paysages forestiers
www.ideastransformlandscapes.org

Le Partenariat mondial pour la restauration des paysages forestiers (GPFLR d’après son acronyme anglais) est un réseau mondial réunissant des gouvernements influents, de grandes organisations non gouvernementales et des Nations Unies, des entreprises et des personnes, autour d’une cause partagée.

Le Partenariat a été lancé en 2003 par l’UICN, le WWF et la Commission forestière de Grande-Bretagne. Plus de 25 gouvernements et organisations internationales et non gouvernementales s’y sont associés depuis.
Le Partenariat cherche à gagner le soutien des décideurs et des leaders d’opinion sur le plan tant local qu’international, et à exercer une influence sur les contextes juridique, politique et institutionnel en faveur de la restauration des paysages forestiers.
Le réseau d’apprentissage du Partenariat est un élément vital pour partager des expériences de restauration des paysages forestiers dans différentes régions du monde, ainsi que pour atteindre des objectifs marquants tel que celui du Défi du Bonn. Cette expérience comporte aussi une aide à des activités et à des projets novateurs dans des contextes aussi divers que ceux de la Chine, du Rwanda, de l’Indonésie, de la Corée du Nord, du Brésil et des États-Unis.
Le Partenariat mondial pour la restauration des paysages forestiers a organisé, conjointement avec le gouvernement allemand, la table ronde qui s’est tenue à Bonn en septembre 2011, à l’occasion de laquelle le Défi de Bonn a été lancé.


L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) www.iucn.org

L’UICN aide à trouver des solutions pratiques aux problèmes de l’environnement et du développement les plus pressants de l’heure. Elle œuvre dans les domaines de la biodiversité, des changements climatiques, de l’énergie, des moyens d’existence et lutte en faveur d’une économie mondiale verte, en soutenant la recherche scientifique, en gérant des projets de terrain dans le monde entier et en réunissant les gouvernements, les ONG, l’ONU et les entreprises en vue de générer des politiques, des lois et de bonnes pratiques.

L’UICN coordonne le Partenariat mondial pour la restauration des paysages forestiers, qui a organisé, conjointement avec le gouvernement allemand, la table ronde qui s’est tenue à Bonn en septembre 2011, à l’occasion de laquelle le Défi de Bonn a été lancé.
 


View of logging road in the Cameroon Forests