Position de l’UICN pour la CBD COP17 sur des questions scientifiques et techniques
L'UICN présente ses points de vue et ses recommandations pour la 17e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique, concernant les points de l'ordre du jour relatifs aux questions scientifiques et techniques telles que la biologie de synthèse, l'examen stratégique des programmes de travail de la Convention, la biodiversité et le changement climatique, la gestion durable de la vie sauvage, la biodiversité marine et côtière, la biodiversité et l'agriculture, les espèces exotiques envahissantes, ainsi que la biodiversité et la santé.
Messages clés
À quatre ans de l’échéance de 2030, l’examen mondial des progrès collectifs révèle des avancées inégales selon les régions, les biomes et les cibles, et montre que, à moins d’accélérer rapidement la mise en œuvre, les cibles et la mission ne seront pas atteintes dans les délais. Le message est clair : les ressources et les efforts doivent être orientés vers l’accélération de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal (CMBKM), en accordant une attention particulière aux cibles et aux domaines où les progrès restent limités, et en donnant la priorité aux actions susceptibles d’avoir un impact durable et de contribuer le plus efficacement possible à la réalisation du Cadre.
L’UICN exhorte donc les Parties à :
- Donner la priorité à l’adoption et à l’application des programmes de travail, orientations, normes et évaluations scientifiques existants, plutôt que de remettre en cause leur contenu de fond.
- Aborder les nouveaux domaines de travail potentiels par le biais de points spécifiques à l’ordre du jour du programme de travail pluriannuel de la Convention et s’attacher en priorité à combler les lacunes identifiées dans le document CBD/SBSTTA/26/INF/15.
- Adopter le plan d’action thématique visant à soutenir le renforcement et le développement des capacités, l’accès aux technologies et leur transfert, ainsi que le partage des connaissances dans le contexte de la biologie de synthèse.
- Intégrer les conclusions des évaluations de l’IPBES (« Changement transformateur », « Nexus » et « Entreprises et biodiversité ») dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB), ainsi que dans d’autres plans et législations nationaux, le cas échéant.
- Reconnaître la nécessité de continuer à accorder une attention particulière à la biodiversité marine et côtière, notamment à la lumière des conclusions du rapport mondial sur les progrès collectifs, renforcer la mise en œuvre du programme de travail sur la biodiversité marine et côtière et favoriser les synergies entre les processus pertinents relatifs à la biodiversité océanique, y compris l’Accord BBNJ.
- Accélérer les progrès concernant les éléments qualitatifs de la Cible 3, en plus des aspects quantitatifs : atteindre une couverture de 30% ne garantira pas nécessairement l’efficacité, une gouvernance équitable ni des résultats durables en matière de conservation.
- Utiliser une terminologie normalisée, claire et scientifiquement rigoureuse lors de l’identification, de la cartographie, du suivi et de l’établissement de rapports sur les forêts. Des termes tels que « forêts primaires », « forêts anciennes », « paysages forestiers intacts » et « forêts à haute intégrité écologique » décrivent des caractéristiques apparentées mais distinctes et ne doivent pas être utilisés de manière interchangeable.
- Aborder les crises interdépendantes des changements climatiques et de la perte de biodiversité de manière cohérente et synergique. Dans le contexte d’une crise climatique qui s’aggrave et de la certitude que le réchauffement climatique dépassera 1,5°C, la mise en œuvre du CMBKM doit tenir compte des risques liés au climat et renforcer la résilience et la capacité d’adaptation de la biodiversité et des écosystèmes, si l’on veut que ceux-ci contribuent à l’adaptation aux changements climatiques et à leur atténuation.